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25 oct. 2011

Le monde dans la main
Mickael Ollivier
Editions Thierry Magnier - collection Grands Romans - 08/11
278 pages - à partir de 13 ans - 15,50 euros

Versailles est un lieu de vie un peu à part. Alors y être lycéen dans une école de musique pour prendre des cours de piano intensif vous met encore plus dans la marge. Mais Pierre-Marie n'est pas du genre à regretter de ne pas être à la page. Même si sa grande soeur Alix lui a toujours fait remarquer qu'il était un vieux dans un corps de jeune. Cela ne le dérange pas la plupart du temps, la musique lui permet de combler certains manques. Et le jour où sa mère va prendre la décision de sortir de sa vie, en ne remontant pas dans leur voiture sur le parking d'Ikea, Pierre va se rendre compte d'une chose. Ses choix de vies, même si ils étaient pris dans un cocon doré, on fait de lui un être plus fort. Autrement comment pourrait-il faire face, sans trop de dégâts, à ce genre de situation intenable en temps normal: le départ volontaire d'une mère de son foyer? Cela va agir sur lui comme un révélateur. Mettre en place les pièces du puzzle, lui faire comprendre que les adultes autour de lui sont aussi des êtres vivants qui font leurs choix comme lui, en ayant peur et en doutant. Que la vie est parsemée d'accidents qui peuvent faire mal sur le coup, mais peuvent se révéler des bienfaits pour la suite.


 Magnifique, magnifique roman. Et quel splendide personnage. Pierre-Marie croyez moi je ne l'oublierai pas de sitôt. Je n'oublierai pas non plus la crise de larmes qui m'est montée lors des derniers chapitres à la révélation de quelque chose dont on se doute tout au long du roman, mais qui fait quand même terriblement mal tant on se sent proche de cet adolescent si touchant. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, Alix la grande sœur/grande gueule, la grand-mère versaillaise jusqu'au bout des ongles mais au cœur plus grand ouvert qu'on ne pourrait le croire, le meilleur ami au sens pratique si salvateur. Mikael Ollivier confie qu'avec ce roman  il nous offre quelque chose de très personnel, comme dans son premier roman écrit à 35 ans et qui a déclenché sa carrière: La vie en gros. Un roman qui m'avait beaucoup touché à l'époque. Et dont j'adore la plus récente des couvertures!
Les éditions Thierry Magnier le mettent en lumière depuis sa sortie comme ils savent le faire avec les choses qu'ils aiment vraiment très fort.
Et bien qu'est ce que vous attendez? Foncez le lire! Un extrait ici





24 oct. 2011

Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère?( Dear George Clooney, please marry my mum ) Susin Nielsen
Traducteur de l'anglais (Canada): Valérie Le Plouhinec
hélium - 09/11- 194 pages - à partir de 11 ans - 13,90 euros

Avoir des parents séparés, ce n’est pas drôle. Surtout lorsque son père a refait sa vie avec une actrice bimbo qui lui a donné des jumelles tellement blondes et mignonnes que cela en devient déloyal pour ses deux filles aînées. Surtout pour la plus grande : Violette, 12 ans qui n’a plus trop l’âge de jouer avec ses demi-sœurs dans les bacs à sable. Oui bon, elle n'aurait pas du leur dire que ces crottes de chats étaient en chocolat. Mais ce n'était pas une raison suffisante, selon elle, pour que son père les bannisse, elle et sa petite sœur Rosie, de Los Angeles. Mais ce n’est rien par rapport aux soucis que lui cause sa mère à Vancouver dans sa tentative de retrouver un homme. Cela devient vraiment grave lorsqu’elle ramène à la maison le très-loin-d-être cool Dudley Wiener(Wiener voulant quand même dire "petite saucisse de Francfort"..), le roi de la salle de bains. Violette décide alors de prendre les choses en main et de contacter le seul homme valable qu’elle connaisse : George Clooney. Sa mère, coiffeuse de plateaux télés dans une ancienne vie, l’avait croisé à ses débuts et la gentille dédicace qu’il lui avait faite semble très prometteuse aux yeux de l’adolescente. A partir de là Violette va partir dans des délires complètement loufoques pour caser sa mère au mieux, aidée en cela par sa meilleure amie Phoebe.

Un roman sur la difficulté d'être un enfant de divorcés aux ressorts très drôles, et aux personnages terriblement attachants. Le ton est frais, enlevé. Violette est une ado très réaliste avec ses vagues de délires où elle devient garce sans l'avoir vraiment prémédité. La scène où elle répond à son père au téléphone avec pour souffleur une boule magique est à la fois drôle et pathétique. Une scène culte. Ne reste plus qu'à attendre l'adaptation cinématographique (je serai prête à parier un dollar), si Mr Clooney est libre bien entendu.




En tout cas pour moi cette rentrée est très héliumesque vu que je suis tombée sous le charme de La chanson d'ours de Benjamin Chaud. Une histoire d'ours (au pluriel) à l'opéra.
"Ahaa très drôle le jeu de mots avec la chanson douce" m'a dit une cliente, à qui je me suis bien gardée de dire qu'elle venait de me donner là un magnifique nouveau levier pour continuer à bien le vendre. Mais bon tout ce que fait Benjamin Chaud me touche beaucoup, et depuis que je l'ai croisé en vrai de vrai ce charmant monsieur je sais que ce n'est pas du chiqué toutes ces émotions qu'il véhicule.
Mais après avoir lu l'article de Madame Sophie Van Der Linden, je ne peux que mettre un lien



20 mai 2011

Magnus Millions - ARROU-VIGNOD JEAN-PHILIPPE - Gallimard jeunesse


Magnus Millions, et le dortoir des cauchemars
Jean-Philippe Arrou-Vignod
Gallimard jeunesse - collection grand format - 03/2011
356 pages - à partir de 10 ans - 17,50 euros

Magnus a un nom de famille prédestiné. Ou plutôt c'est son père qui le porte le mieux, puisqu'il est le plus grand industriel de toute la Syllirie. Cependant le patriarche met un point d'honneur à ce que son fils unique soit élevé dans les mêmes conditions que tous les rejetons de l'élite de son pays. Et comme il est veuf depuis les trois ans de Magnus, il est le seul à avoir autorité en la matière. Alors le jour où la narcolepsie de son fils le fait arriver à un examen primordial pour son lycée d'une façon très insolite, mettant en scène un wagonnet et un trou dans le toit, l'adolescent devra traîner sa grande carcasse au pensionnat pour écoper sa peine de plus de 1200 heures de colle.
Et il est de notoriété publique que le dortoir est occupé par une bande de petits voyous orphelins qui font la pluie et le beau temps quand les pions dorment. Pourtant ce n'est pas ça qui devrait inquiéter le plus Magnus, mais plutôt cet étrange brouillard verdâtre qui semble faire sortir de la nuit des créatures de cauchemars.
Le jeune fils unique devra apprendre à jouer en équipe, et surtout faire face à ce que comprend son héritage, notamment l'usine d'armement Millions.

Un petit régal littéraire servi par le directeur de la collection Hors-piste chez Gallimard. Avec toujours cet amour de la langue française si communicatif. On ressent bien aussi la nostalgie des années de jeunesse passées au pensionnat avec les copains de chambrée donnant au roman un charme suranné très touchant.
Magnus est un personnage sensible mis en relief par la sécheresse affective des adultes qui l'entourent. Il arrivera malgré tout à écouter son cœur et saura se rallier à une cause qui en vaut la peine et ainsi racheter les égarements de son père. Et la jeune personne qu'il croisera sur son chemin ne sera pas étrangère à sa soudaine inspiration de grandeur, mais il faut dire pour sa défense qu'elle a un nom vraiment délicieux : Mimsy Pocket.
Un roman de grande qualité qui ravira les garçons en mal d'aventures palpitantes, et les filles toujours touchées par les héros aux histoires de familles difficiles.

6 avr. 2011

Birthmarked - O'BRIEN CARAGH - Mango



Birth marked - rebelle ( Birth marked)
Caragh O'Brien
Traducteur : Hélène Bury
Mango - collection: Grand format - 02/2011- 400 pages - à partir de 12 ans - 18 euros


Et si dans quatre siècles les pires prévisions climatiques s’avéraient vraies ? L’humanité saurait-elle faire preuve d’humilité face à ce nouveau départ, ou accomplirait-elle de nouvelles erreurs ? C’est la question que se pose C.O’Brien avec l’histoire de Gaia Stone.

La petite communauté de Wharfton a appris générations après générations à vivre dans des conditions climatiques difficiles. Tout le monde ne peut vivre dans le confort matériel qui était dans la norme plusieurs siècles auparavant. Seule une élite, avec à sa tête le Protecteur, peut se permettre de vivre selon ces anciens préceptes, et ils les protègent derrière un mur dans ce qu’ils nomment l’Enclave. De l’autre côté vivent ceux qui les nourrissent en travaillant le peu de terre encore exploitable. Gaia, seize ans, y a quand à elle un rôle un peu spécial, elle y a appris le métier de sage-femme avec sa mère, et comme cette dernière elle se doit de respecter un quota bien particulier. Gaia a pour mission de faire l’avance des trois premiers bébés du mois à la population de l’Enclave. Il s’agit d’un moment douloureux pour la mère et pour la sage-femme mais on ne remet pas en question l’ordre établi de ce côté-ci du mur, et les séances hebdomadaires d’Autélé leur ont bien montré que ces bébés seront bien plus heureux dans l’Enclave avec leurs familles adoptives. Cependant un évènement majeur va transformer la docile Gaia, ses parents ont été arrêtés par la Garde car ils cachent un lourd secret concernant les bébés que sa mère a mis au monde. L’adolescente devra prendre le chemin de la rébellion pour espérer les revoir vivants, et cette quête la mettra face aux injustices perpétrées impunément par ceux de l’Enclave depuis des années. Ce premier tome d’une nouvelle série de dystopie, ou contre-utopie, est menée tambour battant avec beaucoup de rebondissements et d’actions qui vous empêcheront de le lâcher avant la fin. On peut cependant regretter un contexte scientifique assez flou et des personnages qui mériteraient plus de profondeur mais qui n’empêchent pas d’attendre la suite avec impatience.