24 déc. 2008

Barjo - COLEMAN MICHAEL - Rouergue


Barjo(Weirdo's war)
Michael Coleman
Ariane Bataille
Rouergue - doAdo Noir - 10/08
288 pages - à partir de 11 ans - 12 euros 50


Daniel aime penser le monde par le prisme des mathématiques, cela le rassure et le stimule à la fois. Et quand on est adolescent cette passion étrange vous fait passer pour un barjo. C'est d'ailleurs comme ça que le surnomme Tozeur et toute sa bande de persécuteurs. Enfin Tozeur ce qu'il aime surtout c'est suivre les consignes du chef de meute: Greg Yeandle. Parce que Tozeur à l'inverse de Daniel est assez lent.
C'est à cause de cela qu'il va se faire remarquer par le nouveau prof de sport charismatique:M. Axelmann. Ce dernier va en faire sa tête de Turc officielle. Toujours à se moquer de lui pour faire rire la classe, ou pour montrer son autorité.
Daniel va aussi se faire remarquer par ce manipulateur sadique, mais comme forte tête, comme plus intelligent malgré son plus jeune âge. Sa vengeance sur Daniel sera plus froide, plus réfléchie.
Elle aura pour théâtre le camp de randonnée, un camp où Daniel ne voulait pas aller sachant d'avance comment cela aller se passer pour lui.
Deux semaines cauchemardesques dont Daniel, Tozeur et M.Axelmann vont sortir changés à tout jamais, chacun ayant dû aller au plus profond.


Cela commence par la fin: Daniel, Tozeur et Axelmann au fond d'un trou, bloqués et blessés, surtout le professeur qui git inanimé au côté des adolescents.
Et de là Michael Coleman tire les fils des personnalités de ces trois-là, en insistant sur Daniel puisque c'est lui qui nous raconte l'histoire.
Et on découvre avec lui que être barjo et bien ce n'est peut être pas si mal au fond. Et ce grâce au personnage de Solo qui tient lieu de maître Yoda des montagnes!
On comprend que comme le dit la citation de Prévert au début "Je suis ce que je suis...", mais que cela n'est pas forcément aisé dans un moule aussi peu souple que celui du lycée.
Un texte de 1996, traduit dans la collection doAdo noir suite au succès du très réussi Filer droit (de 2003...)du même auteur. Qui a d'ailleurs obtenu le prix des Incorruptibles 2008.
Ces deux livres font partie d'une série d'ouvrages destinés aux jeunes adolescents par ce prolifique auteur plutôt connu en France pour ses albums illustrés.
Série qui nous parlent de jeunes héros se trouvant face à un choix: suivre le troupeau ou être eux-même.
Et en plus il le fait avec talent, et un grand sens du suspens et du roman noir.
Décidément cette collection doAdo noir est à suivre les yeux fermés: de la qualité, encore de la qualité.

11 déc. 2008

L'invention de Hugo Cabret - SELZNICK BRIAN - Bayard


L'invention de Hugo Cabret( The invention of Hugo Cabret )
Brian Selznick
Traducteur : Danièle Laruelle
Bayard - 10/08
533 pages - à partir de 10 ans - 17,90 euros

Hugo Cabret n’a pas une vie facile. Orphelin, abandonné par un oncle violent et alcoolique il ne peut compter que sur lui-même. Et à Paris à 10 ans au début du XXe siècle la vie n’est pas des plus aisées. Pour tenir le coup Hugo s’accroche à son plus grand rêve : réparer l’automate que son père avait trouvé sous la poussière épaisse d’une réserve de musée. Un automate assis à un pupitre, avec à la main un stylet suspendu dans le vide. Une énigme qui avait fasciné son père, qui grâce à son métier d’horloger pensait pouvoir réparer la machine pour qu’elle lui livre son secret. Obstination néfaste qui va le conduire à sa perte, à savoir une nuit de trop penché sur l’automate, la nuit de l’incendie du musée. Tout ce qu’il va laisser à son fils c’est son don pour réparer les mécanismes de toutes sortes, et son carnet de notes sur l’automate, qui lui est sorti indemne de l’incendie.
Hugo va tout faire pour réparer la machine, il ira même jusqu’à voler dans un magasin de jouets mécaniques pour récupérer des pièces. Le responsable du magasin, Georges, va le prendre sur le fait.
Et ainsi tomber nez à nez avec le carnet du père d’Hugo quand il glissera de la poche du garçon. Ce qui va le rendre fou de rage. Comme si il connaissait cet automate…
Hugo saura-t-il démêler les rouages de l’automate qui s’entremêlent à ceux du passé de Georges ?
En tout cas il n’y arrivera pas tout seul et sera aidé de la petite fille de ce dernier, et par un ami fan de cinéma.


L’invention d’Hugo Cabret est un livre très touchant. De par sa démarche, à la fois roman graphique, roman d’initiation, roman à énigme et œuvre de réhabilitation.
Roman graphique car tout le livre est parsemé d’illustrations en noir et blanc sur double page, les premières lignes de texte n’arrivent qu’à partir de la 40e page. En effet les mots viennent quand les images ne suffisent plus.
Roman d’initiation car Hugo après la perte de son père doit faire la douloureuse expérience de s’assumer tout seul, et à 10 ans cela le met dans une position inconfortable, ainsi que dans une position de méfiance face à ceux qui lui manifeste de l’amitié.
Roman à énigme au suspens distillé, car cet automate qui ne livre son secret qu’au milieu du livre ouvre sur une nouvelle énigme. Le dessin étant la célèbre image de la Lune ayant un obus dans l’œil, tirée d’un film de Georges Méliès.
Et oui Georges, comme le vieux monsieur du magasin de jouet. D’où l’œuvre de réhabilitation pour l’un des premiers cinéastes. Un magicien fou d’images, qui demeura longtemps incompris et rejeté par ses pairs.
Ici il s’agit d’une ode à l’œuvre trop souvent oubliée de ce monument du cinéma de genre.
Et à la fin grâce aux images on plonge dans l’univers de Méliès avec un bonheur non dissimulé.
On doit dire après la lecture de
l’invention de Hugo Cabret un grand merci à Brian Selznick de nous avoir fait rêver, frémir, frissonner, gamberger !
Un vrai petit bijou magnifiquement édité par les éditions Bayard Jeunesse.



Pour (re)découvrir Georges Méliès, suivez le lien.
Pour feuilleter le livre (même si rien ne vaut d'avoir sa masse sur les genoux, et tourner les feuilles avec délectation) Bayard en a mis en ligne ici
/attention connexions sensibles s'abstenir!/
Il y a aussi le site très bien fichu du livre /attention connexions sensibles s'abstenir!/
Et pour avoir d'autres avis enthousiastes allez chez les voisines : Clarabel, Gawou
Bonne nouvelle : il va y avoir une adaptation cinématographique, et devinez qui s'y colle? Scorcese. Si c'est pas la preuve que c'est une pépite, je ne sais pas quoi ajouter d'autre! Source : Elbakin.net

18 nov. 2008

Tu peux pas rester là - NOZIERE JEAN PAUL - Thierry Magnier


Tu peux pas rester là
Jean-Paul Nozière
Thierry Magnier - Romans - 10/08
175 pages - à partir de 11 ans - 8,5 euros

Tu peux pas rester là
Jean-Paul Nozière
Thierry Magnier - Romans - 10/08
175 pages - à partir de 11 ans - 8,5 euros

C’est l’histoire de Mei. Jeune fille de 10 ans, très belle, très intelligente. Tout va bien pour elle dans la petite ville de Sponge. Deux meilleurs amis : Tom et Leo, un ami clochard ancien libraire, et une mère aimante, d’origine chinoise. En fait cela fait sept ans, qu’avec sa mère Hua, elles sont arrivées de Chine. Sept ans que Hua travaille clandestinement pour rembourser les frais du voyage, sept ans qu’elles sont sans papiers.
Un jour tout va basculer, le jour où un gendarme va dire a Hua la phrase qu’elle redoutait depuis sept ans : « tu peux pas rester là. »
Mei et sa mère son OQTF, obligées de quitter le territoire français.
Tom et Léo vont alors tout mettre en œuvre pour garder auprès d’eux leur meilleure amie.

Jean-Paul Nozière est très doué pour camper des personnages attachants aux personnalités complexes. Ici il nous trace le portrait de Mei aux facettes multiples, qui nous donne envie de la connaître un peu plus. Qui donne envie de la garder sur le territoire français.

Elle lit Romain Gary, et se déclare être la soeur Momo de La vie devant soi.

Et c'est vrai qu'elle ressemble au petit protégé de Madame Rosa. Tout aussi touchante, tout aussi dérangeante.

Ses deux amoureux aussi sont très attachants dans leur quête de l'impossible amour triangulaire qu'ils espèrent créer avec Mei. Le fait que l'un d'entre eux soit fils d'un gendarme à la conscience aiguisée rajoute une profondeur de plus.

La fin est ouverte, et donne à tous le libre cours de décider du destin de Mei et de sa mère. Histoire que chacun fasse le tri dans sa tête, et les calculs à la place d'un certain B.H.

23 sept. 2008

Tout nu - LE THANH TAI-MARC et CHAUD BENJAMIN - Gautier-Languereau


Tout nu
auteur : Tai-Marc Le Thanh
illustrateur : Benjamin Chaud
Gautier-Languereau- 09/08
34 pages - à partir de 3 ans - 13 euros

Un matin Pierre est tiré hors de son lit par son papa qui est très en retard.
Il lui enfile, son cartable et ses bottes rouges. Et? C'est tout!
Du coup Pierre se retrouve tout nu au portail de son école.
Mais tous ses amis ne semblent que voir ses belles bottes rouges.
Cela lui fait comprendre que la journée va être difficile. En effet il va se retrouver obliger de faire un exposé sur les petits oiseaux et un autre sur les robinets.
Et pour éviter de se faire embêter à propos de ses bottes rouges, il va se cacher derrière un arbre. Et là il va tomber nez à nez avec une copine, elle aussi cul-nu mais en bottes vertes.
Tous les deux vont trouver des petites feuilles pour les attacher avec des petits bouts d'écorce pour se les mettre autour de la taille.
Au final Pierre aura vécu une bien belle journée, une journée au poil!

Taï-Marc Le Thanh a le chic pour nous faire sourire par ses textes drôles et poétiques. Alors si on lui accole comme partenaire le papa de Pomelo et de la Fée coquillette, Benjamin Chaud, et bien ça fait un petit album plein de poésie loufoque!
Tout le jeu en début d'album consiste à dissimuler le zizi du petit garçon derrière divers accessoires et jeux de mots : oiseau, robinet... Pour le laisser éclater au grand jour durant le cours de sport.
Une espèce d'ôde au plaisir d'être tout nu, surtout quand on a des belles bottes rouges.
Mais là où la couleur rouge est la mieux mise en valeur c'est sur la quatrième de couverture, où on voit le côté pile du petit Pierre-nu-comme-un-ver : des petites fesses toutes rondes et toutes craquantes!
Un album pour fille et garçon pour parler du rapport avec son corps, et de sa place dans l'espace.

19 sept. 2008

Le contour de toutes les peurs - GUERAUD GUILLAUME - Rouergue


Le contour de toutes les peurs
Guillaume Guéraud
Le rouergue - doAdo noir- 09/08
125 pages - à partir de 12 ans - 7 euros 50

Clément Rivière, collégien de 14 ans va vivre la pire soirée de sa vie.
Pourtant tout avait commencé normalement, après ses cours il était rentré directement chez lui.
Il était sûr que son avocate de mère ne serait pas encore rentrée de son travail sur Bordeaux.
Clément s'apprêtait donc à vivre une fin de journée normale entre devoir, goûter et activité solitaire.
Mais du bruit dans le bureau de sa mère va entraîner une succession d'évènements qui vont obliger le jeune adolescent à faire le contour de toutes les peurs.
Un inconnu baraqué et énervé est en train de saccager le bureau de sa mère. Un homme fou de rage et de désir de vengeance à l'encontre de cette avocate qui lui a fait perdre sa fille.
Clément va se retrouver otage de cet homme au bout de ses souffrances. Il va vivre une torture physique et psychologique.
Clément n'en ressortira pas indemne, il comprendra que la violence dans la réalité est beaucoup moins esthétique que celle des films d'action qu'il affectionne. 

Petit texte plein de violence que nous livre là Guillaume Guéraud. Une petite bombe pleine d'échardes. Les scènes décrites sont violentes et écorchent les yeux.
Surtout une scène où une bouche et une agrafeuse sont les acteurs principaux.
En obligeant Clément à faire le contour de toutes ses peurs face à la violence désespérée de cet homme qui a tout perdu et qui cherche un coupable, l'auteur nous montre toutes les souffrances qu'impliquent la violence. Tant la violence physique, que la violence des actes. Autant Clément que son agresseur en ont été victimes. 
Tout cela entrecoupé de scènes de films cultes racontées comme si on y était, la passion du 7e art que Guillaume Guéraud a transmis au personnage de Clément lui permet d'avoir un certain recul sur les évènements, et vont l'aider à aller au-delà.
Et pour une fois tout finit bien, malgré un goût amer au fond de la bouche, détester les méchants est toujours plus facile dans les films.

16 sept. 2008

Les bijoux de famille - MARECHAUX LAURENT - Le dilettante


Les bijoux de famille

Laurent Maréchaux

Le dilettante – 2008

253 pages – 17 €

Tout commence le 16 septembre 1907 dans un train réalisant le trajet Moscou-Paris. A son bord deux jeunes russes partant faire leurs études de médecine : Sacha Ivanov et son meilleur ami Victor Bornstein.

La France va être le creuset de la saga des Ivanov, le berceau des branches ascendantes de cette famille bousculée par les guerres mondiales, et les conflits majeurs de ce début de siècle.

Tout commencera vraiment par l’amour fou de Sacha pour une jeune sud-américaine rencontrée un soir à l’opéra.

« Sa rencontre avec Carmen Roblès et la légende, entretenue année après année pour embellir les origines modestes de sa femme, sont à l’image de sa propre existence, trop belles pour être tout à fait crédibles. »

Le romantisme russe exacerbé de Sacha, sa volonté de vouloir faire briller le blason de sa famille, ses légendes sur des bijoux d’une valeur inestimable caché dans les racines d’un arbre lors de la révolution russe, tout cela va contaminer toutes les branches des Ivanov.

Et avec eux leurs proches. Rien ne leur sera épargné dans la quête des réponses sur un passé inventé de toutes pièces.

Désillusion, perte de repères, fanatismes fous…

Finalement l’arbre se révèlera à la hauteur des racines fumeuses : des vies pleines d’ombres et de poussière aux yeux.

C’est dans un rythme haletant que Laurent Maréchaux nous racontent comment ces bijoux de famille peuvent rendre fous sur plusieurs générations. Et dans bijoux de famille il faut entendre cette légende autour des joyaux russes. Mais également l’image que l’on emploie familièrement pour parler de cette paire propre aux hommes, attributs qui joueront bien des tours à ces messieurs ainsi qu’à leurs compagnes. Sans oublier le fait que chaque Ivanov mâle aura à ses côtés un meilleur ami pour faire-valoir, souffre-douleur et témoin de ses folies.

Les chapitres se succèdent avec chaque fois un titre qui nous montre du doigt lequel des Ivanov va être le plus mis en lumière. Chacun devient père à son tour, puis grand-père tous avec le même désir pesant de pérpétrer un destin à la hauteur de ce que l’on devrait attendre d’un Ivanov. Tous mis en abîme par le miroir des yeux de leur père, fils et grand-père.

Le premier chapitre du livre débute par une citation de Staline nous rappelant que « un mensonge assez souvent répété devient une vérité », le dernier quand à lui nous est raconté par un des pendants des Ivanov. Un des derniers meilleurs amis, qui est le seul à parler à la première personne (si l’on exclue les extraits de journaux intimes), et qui nous dit à l’extrême souffle de la saga Ivanov qu’« il est urgent de vivre. »

Conseil donné au vu du recul pris par cette âme damnée de l’arbre généalogique, que n’aura jamais suivi aucun des Ivanov. Aveuglés qu’ils étaient par leurs bijoux de famille, leurs « apparences trompeuses et [leurs] chatoiements douloureux », comme le met Laurent Maréchaux dans la dédicace de mon exemplaire.

/Un très bon roman français que vous ne terminerez pas sans un pointe de regret à laisser cette famille atypique et ô combien attachante.

Une saga franco-russe savoureuse où chacun pourra retrouver un peu de sa propre famille, dans toute sa complexité et sa simple beauté. /

21 août 2008

Le premier qui pleure a perdu - ALEXIE SHERMAN - Wiz




Le premier qui pleure a perdu (The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian )
Sherman Alexie
Illustrations : Ellen Forney
Traducteur : Valérie Le Plouhinec
Albin Michel - collection Wiz - 09/08
284 pages - à partir de 12 ans - 13 euros


/ Gros coup de coeur de la rentrée littéraire pour les adolescents (ben oui pourquoi pas!).
Une perle d'humour et de sensibilité./
L'histoire d'un indien qui quitte sa réserve natale en espérant un avenir meilleur que celui d'habitude réservé à ceux de son sang./


"Je ne suis qu'un minable gosse de réserve qui vit avec sa famille minable sur la minable réserve indienne de Spokane."
Voilà comment se présente Junior. Mais juste après vous avoir parlé de l'hydro-céphalie qu'il avait a sa naissance, et que à cause de ça à 14 ans il bégaye et zozote encore ce qui fait de lui "le plus grand gogol du monde."
Oui Junior a un solide sens de l'humour, et au vu de sa situation c'est plus que vital.
Jeune indien d'un peuple vivant dans une réserve où par définition "les rêves ne se réalisent pas. Les occasions ne se présentent pas. Ni les choix. [Ils sont] pauvres, c'est tout. C'est tout ce qu'[ils sont]."
Junior essaie de se frayer un chemin entre l'alcoolisme de ses parents, l'ambiance glauque de désillusion pré-programmée du lycée de Spokane et les autres indiens de la réserve.
Il est aidé en partie par son meilleur ami Rowdy qui "est le garçon le plus dur de la réserve". Qui est là pour le défendre quand il y a de la bagarre, et lui rappeler que personne ne sera là pour le regretter s'il venait à mourir.
Mais un jour Junior va rejeter son héritage, il n'en peut plus d'être destiné à perdre sans même avoir jouer. Et le déclencheur va être son manuel de géometrie, une matière qu'il adore, mais ce livre il va pourtant le jeter à la figure de son professeur Mr P. La raison de cet acte de violence? Sur la page de garde on peut lire le nom de sa mère, "cela veut dire qu'[il contemplait] un livre de géométrie qui avait au moins trente ans de plus que [lui]" .
Goutte d'eau de trop dans un vase tordu.
Junior va se faire renvoyer et de ce fait prendre la plus grande décision de sa vie : changer de lycée.
Mais pas n'importe lequel, celui de Reardan, celui de l'autre côté de la route de la réserve, le lycée des blancs.
Il va donc être le premier indien à quitter la réserve de cette façon, et ça ne va pas être facile.

Comme le dit Neil Gaiman sur la 4e de couverture "vraiment excellent, poignant et hilarant, réconfortant et sincère, sage et intelligent." tous les adjectifs nécessaires sont là et pourtant il en manque beaucoup.
Notamment magnifique, sensible, juste...
C'est vraiment un bel exemple d'humanité, et de courage que nous raconte Junior.
Il nous parle, et nous dessine (avec les illustrations drôlissimes de Ellen Forney) son histoire, et nous prend ainsi par la main pour nous entraîner avec lui dans sa sale/belle histoire. Avec ses vrais problèmes, ses vraies peurs le tout sans filtres et sans nous épargner.
On ressent très fortement que la plupart de ces situations ont été vécues au plus près.

L'auteur américain Sherman Alexie, reconnu comme un des auteurs contemporains les plus talentueux de sa génération, a créé un personnage très attachant de par son intelligence, et sa rage de vivre pour son premier roman destiné à la jeunesse. Le tout servi avec une écriture magnifique et qui sonne juste.
On est invité à vivre dans une réserve parmi tant d'autres dans laquelle sont parqués des indiens désabusés, et d'où le rêve américain a été banni dès sa création.
Et on en ressort pas indemne.



Simon Roguet, un très très bon libraire a aimé aussi, et c'est par

Cela m'a fait penser dans le thème à Lune indienne, un très beau roman sur les réserves indiennes itou, mais vu par un jeune ado allemand parachuté dans un de ces lieux particuliers. Un bon moyen de se frotter à ses préjugés d'européens face aux indiens d'Amérique.