24 nov. 2007

Explications

Ci-dessous des interviews que j'ai réalisé par mail avec Pascal Garnier, dont vous trouverez les livres jeunesse chroniqués sur ce blog.
Ce monsieur est aussi un très bon peintre, et écrit de très bon livres pour adultes, aller les découvrir sur le site de l'entre 2 noirs (lien en bas à droite).

Interview de Pascal Garnier

à propos de : « Derrière l’écran » pour L’Ours Polar.

  1. Tout d’abord d’où vous ai venu l’idée de ce livre qui traite de cinéma et de la peur de vieillir?
    J’aime le cinéma et les montagnes d’Ardèche. Par hasard j’ai rencontré une association à Lamastre, là où se situe l’histoire, qui pratique cette activité ; le cinéma itinérant. J’aurais adoré apporter le rêve à domicile dans ces régions reculées et sauvages. Auprès de ces gens, j’ai pu me documenter sérieusement et en profiter pour me balader dans le coin, ce qui m’a permis de me régaler dans les descriptions des paysages. De plus en plus, dans mes livres, le décor devient aussi important que les personnages principaux. Pour ce qui est de la peur de vieillir, ma foi, je suis comme tout le monde. Chaque matin en me levant je me découvre une nouvelle douleur et je me dis que malgré tout, c’est la preuve que je suis toujours vivant.
  2. Jimmy est un héros atypique, mais un ado typique. Mal dans sa peau, avec des difficultés à cerner ses envies et son avenir. Serait-il un reflet de l’ado que vous étiez ? Ou bien celui d’une personnalité de votre entourage ?
    J’ai été Jimmy, il y a hélas bien longtemps, mais je m’en souviens parfaitement. L’adolescence est un cap difficile à franchir. Presque du jour au lendemain, nos jouets, ne sont plus que des choses inertes, dénuées d’intérêt. On n’est plus un enfant et pas encore un adulte. Bref, comme on dit vulgairement, on a le cul entre deux chaises et ce n’est pas très confortable. C’est sans doute pourquoi je m’attache à écrire plus particulièrement pour cette tranche d’âge dans l’espoir d’y apporter encore un peu de magie.
  3. Le père de Jimmy revient vers son fils après une peine de prison. Y-a-t-il une volonté de votre part de parler de la réinsertion des prisonniers par le biais du parcours père du héros ? Il m’est arrivé bon nombre de fois d’aller rencontrer des détenus et, effectivement, c’est la réinsertion qui pose le plus gros problème. Je comprends qu’il y ait des prisons mais à quoi servent-elles ? Si c’est pour y pourrir en se gavant de médicaments et de télé sans rien y apprendre, sans rien y comprendre, le retour à la liberté équivaut à revenir à la case départ et généralement en plus piteux état que le jour de son incarcération. Il m’a parut souhaitable, en créant le personnage du père, d’en dire quelques mots. Cela mérite réflexion.
  4. L'héroïne mystérieuse, Diane, est un personnage de femme très intéressant. Quel message avez-vous voulu faire passer, si message il y a, en la dotant de cette forte peur de vieillir? Un regard sur notre société très tournée vers 'image? Je n’ai pas de message à faire passer, si non, je serais devenu facteur. Je me suis contenté de décrire Diane comme une jeune fille que j’aurais aimé rencontré à l’âge de Jimmy et peut être cela s’est-il passé ? Qu’elle soit mystérieuse, toutes les femmes le sont et le seront toujours à mes yeux. Mais sans fausse modestie, je m’aperçois, en écoutant mes lecteurs parler de mes livres, qu’ils sont beaucoup plus intelligents que moi. Aussi, si certains veulent y voir un symbole sur l’image de la femme dans notre société, ils ont sans doute raison.
  5. Une fin aussi triste, était-ce une volonté de faire de cette histoire un drame romantique?Les histoires d’amour finissent mal, en général. Il suffit de se référer à nos bons vieux contes de fées (La petite sirène, la petite fille aux allumettes, etc… La liste est longue !) pour se faire à l’idée qu’à la fin, on ne se marie pas toujours en ayant beaucoup d’enfants. Et puis allez savoir, qui dit que la dernière page du livre n’en cache pas une autre ? Jimmy est sain et sauf, quant à Diane, on n’a pas retrouvé son corps. Peut être la retrouvera-t-il dans celui d’une autre ? On ouvre un livre mais on ne le referme vraiment jamais. Avec les auteurs, il faut s’attendre à tout !

12 nov. 2007

interview Pascal Garnier

1 -Comment êtes-vous devenu auteur jeunesse?
Par hasard. Je ne connaissais strictement rien à la littérature jeunesse. Des éditeurs m’ont contacté. Je me suis lancé sans trop y croire étant donné que mon univers littéraire, plutôt sombre, me semblait à des années lumière de ce genre. J’ai écrit mon premier roman, « Un chat comme moi », sans me soucier de savoir si c’était pour la jeunesse. C’est peut être pour ça que ça a marché.
2 -A vos yeux, qu'est-ce qui caractérise un "texte jeunesse"? Son écriture? Ses thèmes? Son vocabulaire? etc...
Il n’y a pas plus impitoyable qu’un jeune lecteur. Si vous ne l’avez pas embarqué au bout d’une page, vous pouvez être certain que votre bouquin ne servira plus qu’à caller le pied d’un meuble. Alors, de l’action, du rythme, des phrases courtes et des mots de tous les jours. Pour le fond, mêmes ingrédients que pour n’importe quel roman : Rire, pleurer, frémir, etc… De l’émotion, quoi.
3 -Le livre dans votre production jeunesse dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laisse un souvenir particulier.
« Traqués », à L’école des loisirs. C’était à l’origine une nouvelle pour adulte, bien noire, bien glauque qui finissait dans un bain de sang. Mais en cours d’écriture, je suis tombé amoureux de mes personnages, les frères Bouin, huit et treize ans. Je ne pouvais pas les laissé dans ce cauchemar, je me sentais coupable. Alors, j’ai repris le début et développé une suite, de plus en plus lumineuse jusqu’à les quitter sur une fin ouverte. Certains jours, j’ai bon cœur.
4 -Quel est le thème que vous aimez davantage traiter en littérature jeunesse?
Je n’ai pas de thème de prédilection pour la bonne raison que quand je commence un livre, je ne sais pas du tout où il va me conduire. S’il y a un élément récurent dans ces aventures, c’est sans doute le principe de résilience. Dès le départ on met le personnage en difficulté et on attend de voir comment il va s’en sortir par lui-même. Chaque histoire est un petit voyage initiatique. Comme dans la vie, quoi.
5 -Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?
Je lisais n’importe quoi, tout ce qui me tombait sous la main, le pire comme le meilleur. Il n’y avait pas à l’époque tout ce saucissonage par tranches d’âge, on passait directement du conte de fée aux auteurs classiques, Dumas, Hugo,… Bien souvent je ne comprenais pas ce que je lisais, mais j’aimais l’état dans lequel me mettait la lecture.
6 -Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ?
J’aurais du mal à en citer un. J’en ai aimé certains parce qu’ils me faisaient rire, d’autres parce qu’ils me faisaient pleurer, ou peur, mais tous m’ont apporté quelque chose. La littérature est un tout. Il n’ai jamais bon de se limiter à un genre particulier.
7 -Quels sont vos livres actuels qui vous plaisent en littérature de jeunesse ?
Je ne lis jamais de littérature jeunesse. Désolé.
8 -Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?
Pas une phrase, un mot seulement : ENCORE !

12 oct. 2007

Derrière l'écran - GARNIER PASCAL - Bayard


Derrière l'écran
Pascal Garnier
Bayard - Millézime
200 pages - à partir de 12 ans
9 euros 90

"La dernière fois que j'ai vu mon père, il était habillé en gros lapin bleu et montait dans un fourgon de police, menottes aux poignets. Il y a six ans de ça, j'en avais onze."
Voilà comment débute l'histoire de Jimmy et de son père, Serge.
Toutes ces années en prison n'ont pas été improductives, en effet Serge y a passé un diplôme de projectionniste.
Il a également monté un projet de subvention de cinéma itinérant en Ardèche.
Et il va demander à Jimmy de l'accompagner, ce qu'il va s'empresser d'accepter au vu de son inaptitude à s'adapter à l'éductaion nationale.
Tous deux vont beaucoup se rapprocher, et le cinéma va commencer à trouver ses habitués.
Un jour leur camion va tomber en panne à l'orée d'un bois. Jimmy part avec une lampe torche à la recherche d'aide.
Il va trouver un chateau habité par deux étranges femmes, Diane et sa grand-mère impotente.
Ces dernières vont les aider et les héberger, en l'échange d'un petit service. La grand-mère demande à Serge de restaurer un vieux film.
Pendant ce temps Jimmy passe son temps avec Diane, qui est une jeune femme des plus mystérieuses.
Puis tout va s'accélerer et Jimmy va être pris dans une histoire où se mèleront amour et merveilleux.


Pasacl Garnier nous donnne là un très beau roman pour adolescent, loin des thèmes habituels. La première partie est très centrée sur la réalité, autour de problèmes très concrets. Puis cela enchaîne doucement, inexorablement vers le fantastique, mais pas dans le fantastique tapageur. Il s'agit de quelquechose de très fin, une histoire qui tourne autour de Diane, et la peur de vieillir.
Un roman poétique et qui fait réfléchir sur notre façon d'envisager l'influence du temps sur nos vies.

Les enfants de la nuit - GARNIER PASCAL - Bayard


Les enfants de la nuit
Pascal Garnier
Bayard Jeunesse - collection Je bouquine
91 pages - à partir de 10 ans - 5 euros 80


Adrien est un adolescent un peu plus mûr que les autres. Il est souvent seul à la maison, des parents divorcés et grands voyageurs, une grande soeur qui fait ses études dans une autre ville.
Alors pour se sentir moins seul il fait l'assistant de Cachoudas, le cordonnier de la ville.
Il aime bien l'ambiance de son échoppe, et les histoires du vieil homme.
Un soir où il est seul chez lui en train de se faire un petit salé aux lentilles, Cachoudas débarque chez lui pour lui demander un grand service : abriter Tania. Tania est une jeune immigrée sans papier qui vient de l'Est. Et elle est poursuivie par la mafia qui l'a introduit en France.
Et là va commencer une course-poursuite, où Adrien va accompagner Tania et Cachoudas dans leur planque : un chateau dans l'Yonne.
Le jeune garçon va toucher du doigt la dure réalité de ces enfants capultés dans un pays qu'ils ne connaissent pas et leur exploitation par des compatriotes sans scrupules.
Adrien va tout faire pour aider ses nouveaux amis, quel que soit le danger qui plane.

Un texte sur le destin de ses enfants arrachés à leur famille sous prétexte d'une vie meilleure. Et un bel hommage à ces hommes de l'ombre qui sont seuls face à des réseaux mieux organisés et plus soutenus qu'eux.
Leur courage et leur envie de changer le monde sont comme des lueurs tremblotantes dans les ténèbres que traversent ces enfants.
A faire lire à tous les enfants sensibles au monde qui les entourent.

Traqués - GARNIER PASCAL - Ecole des loisirs


Traqués
Pascal Garnier
Ecole des Loisirs - Médium
116 pages - à partir de 12 ans - 6 euros 70


Gérard et Nono Bouin sont deux frères abandonnés par leurs parents et la société.
Gérard l'aîné est habité par la rage de vivre, et fait tout pour sauvegarder un semblant de foyer pour son petit frère.
Mais l'assistante sociale est loin d'être de son avis. Pour se faire l'argent Gérard va décider de faire un casse dans un supermarché.
Les frères Boin vont être obligé de fuir, ils vont être accompagnés par une fille aussi paumée qu'eux qui se fait appeler Vanessa.
La Vanessa a un plan : un point de chute en Bretagne à Saint-Omer, lieu de ses vacances chez sa grand-mère : la Tété.
Quand ils arrivent les garçons vont apprendre que Vanessa en fait s'appelle Denise, et que la vie ce n'est pas si difficile que ça.
La mer, le travail, des gens ouverts et simples, tout leur fait oublier leurs anciennes galères.
Ils découvrent ce que c'est d'être heureux, mais une angoisse plane sur eux : jusqu'à quand tout ce petit bonheur tiendra-t-il?


Un livre fort comme un coup de poing. Le desespoir englue ces deux frères qui tentent de passer sous la vague en se serrant les coudes.
L'auteur nous fait bien passer les sentiments de ses garçons qui demandent juste qu'on les laisse tranquilles.
Une mise en lumière de la vie de ces enfants abandonnés par des parents trop occupés de leur côté à s'en sortir tout seul.
Un livre à faire passer aux adolescents pour leur faire toucher du doigt que la misère n'est pas si éloignés d'eux.

Traqués finit brusquement, et on referme le livre avec une envie d'espoir, même si on sait que ça ne sert à rien le destin suivra son cours.

26 sept. 2007

Fletcher mène l'enquete - COLFER EOIN - Gallimard




Fletcher mène l'enquête
(Half Moon investigations)
Eoin Colfer
Gallimard Jeunesse - Hors série
333 pages - à partir de 9 ans
12 euros

Fletcher Moon est un jeune irlandais de 12 ans pas comme les autres.Il est diplômé d'une école de détectives privés, la Bob Bernstein Academy. Ecole qui se trouve à Washington, et qui en récompense de son succès aux examens lui a envoyé un beau badge brilliant avec plaque dorée et carte pastifiée comme en vrai à la télé.
Même si pour l'obtenir il a dû envoyer le certificat de naissance de son père, Fletcher n'est en pas moins fier.
Et il écume les rues de sa ville, échangeant son savoir-faire de détective professionel contre des chocolats.
Un jour il voit arriver sa première véritable affaire où une charmante jeune fille de huit ans, April, lui demande de retrouver la mèche de cheveux de sa star favorite. Elle soupçonne Red Sharkey, le fils du caïd de la mafia de la ville, de lui avoir volé.
En récompense elle lui promet même de l'argent.
Et c'est parti pour une enquête échevelée, où il sera question de concours de talents, de Wendy House, de chiens fous et de "click".
Fletcher va en voir des vertes et des pas mûres, et face à la dure réalité devra aller jusqu'à "piétiner le manuel de la Bob Bernstein Academy."

Un hommage très drôle aux romans de détectives américains!
Eoin Colfer prend un malin plaisir à adapter les codes de ces romans sur la vie de cet ado irlandais du XXIe siècle.
Fletcher doit dire à tout bout de champ "non" à la question : "tu vas faire comme dans les Experts?"
Beaucoup d'humour, avec toujours un lien qui court dans la réalité.
Un bon petit polar où on fait marcher ses petites cellules grises, où le coupable n'est pas tout noir, et les gentils pas tout blanc.
Une réussite qui devrait faire des suite par cet auteur déjà connu et reconnu pour sa série fantasy
Artemis Fowl.