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19 sept. 2008

Le contour de toutes les peurs - GUERAUD GUILLAUME - Rouergue


Le contour de toutes les peurs
Guillaume Guéraud
Le rouergue - doAdo noir- 09/08
125 pages - à partir de 12 ans - 7 euros 50

Clément Rivière, collégien de 14 ans va vivre la pire soirée de sa vie.
Pourtant tout avait commencé normalement, après ses cours il était rentré directement chez lui.
Il était sûr que son avocate de mère ne serait pas encore rentrée de son travail sur Bordeaux.
Clément s'apprêtait donc à vivre une fin de journée normale entre devoir, goûter et activité solitaire.
Mais du bruit dans le bureau de sa mère va entraîner une succession d'évènements qui vont obliger le jeune adolescent à faire le contour de toutes les peurs.
Un inconnu baraqué et énervé est en train de saccager le bureau de sa mère. Un homme fou de rage et de désir de vengeance à l'encontre de cette avocate qui lui a fait perdre sa fille.
Clément va se retrouver otage de cet homme au bout de ses souffrances. Il va vivre une torture physique et psychologique.
Clément n'en ressortira pas indemne, il comprendra que la violence dans la réalité est beaucoup moins esthétique que celle des films d'action qu'il affectionne. 

Petit texte plein de violence que nous livre là Guillaume Guéraud. Une petite bombe pleine d'échardes. Les scènes décrites sont violentes et écorchent les yeux.
Surtout une scène où une bouche et une agrafeuse sont les acteurs principaux.
En obligeant Clément à faire le contour de toutes ses peurs face à la violence désespérée de cet homme qui a tout perdu et qui cherche un coupable, l'auteur nous montre toutes les souffrances qu'impliquent la violence. Tant la violence physique, que la violence des actes. Autant Clément que son agresseur en ont été victimes. 
Tout cela entrecoupé de scènes de films cultes racontées comme si on y était, la passion du 7e art que Guillaume Guéraud a transmis au personnage de Clément lui permet d'avoir un certain recul sur les évènements, et vont l'aider à aller au-delà.
Et pour une fois tout finit bien, malgré un goût amer au fond de la bouche, détester les méchants est toujours plus facile dans les films.

15 mai 2008

Apcalypse Maya - LORIENT FREDERIQUE - Syros


Apocalypse Maya
Frédérique Lorient
Syros- Soon- 05/08
256 pages - à partir de 12 ans - 14 euros 50

/Jové ado orphelin se retrouve propulsé sur une planète inconnue chez un parent éloigné aux rites proches de celui des indiens. Mais une épreuve plus difficile l'attend: faire accepter aux hommes colonisateurs qu'ils ne sont pas les seuls à être importants sur cette planète Maya/


Jové, jeune adolescent fraîchement orphelin se voit placer sur une planète agricole:Maya. Loin des technologies et de l'effervescence de la Terre surpeuplée d'où il vient, le jeune homme est un peu perdu. Surtout qu'il se retrouve sous la responsabilité d'un soi-disant grand-oncle qui fait tout pour rester un original et revendiquer ses origines indiennes.
Le vieil homme, dénommé Trree, ne va pas épargner le jeune orphelin et va pousser Jové à accomplir des tâches essentielles pour être reconnu par les autochtones, des animaux étranges mi-serpent mi-lémurien avec un unique oeil doré, Les Suris. Peuplade aux moeurs étranges faisant preuve d'une intelligence farouche, d'un art de la guerre aiguisé , d'un sens esthétique très développé et qui vénère le maïs pour sa couleur qui leur rappelle le soleil.
Jové va aussi apprendre à connaître les hommes qui cultivent ce maïs sur Maya sous les ordres de la multinationale agricole AgroCorp.
Mais les deux races ne font pas bon ménage, les hommes avec leurs manières colonisatrice toutes-puissantes veulent contrer le manque à gagner que représentent les prélèvements de maïs par les Suris.
Jové va essayer de faire le lien entre les deux espèces, mais malheureusement ses tentatives de diplomatie arriveront trop tard: la guerre est inévitable.

Magnifique roman d'anticipation que celui de Frédérique Lorient.
Apocalypse Maya est un magnifique roman d'anticipation à l'écriture maîtrisée, aux personnages bien développés, et dont le message passe efficacement avec un fond qui s'ancre dans notre histoire. En effet le parallèle est évident avec le mépris des colons pour les autochtones indiens lors de la conquête vers l'Ouest.
On ressent bien les sentiments d'inutilité et d'urgence qu'éprouve Jové face à tant de mépris, et à cette arrogance humaine.
La question des OGM est posée, avec intelligence, et donne à réfléchir sur les dérives qu'ils peuvent entraîner. Le maïs est encore à l'honneur, comme dans
Scarrels de Marcus Malte chez le même éditeur.
Apocalypse Maya commence en beauté la nouvelle collection Soon dirigée par Denis Guiot. Ce dernier a quitté définitivement l'aventure Autres Mondes chez Mango, mais a décidé de continuer avec ses auteurs fétiches chez Syros.
Sa nouvelle collection a pour leitmotiv
"des histoires de futurs (proches ou lointains), où il est question de bouleversements climatiques, d’OGM, de manipulations génétiques, de réalité virtuelle, de planètes étrangères, de rencontres avec l’Autre pour réinventer le présent".
Et Apocalypse Maya tient bien cette promesse, Soon va donc bientôt faire partie des collections cultes pour ados grâce à sa qualité de thèmes et à ses auteurs de talent.

/De la science-fiction de qualité pour ados!/

-> Chronique remaniée et publiée par le rédac chef de etat-critique.com

19 avr. 2008

Shooting Star - BENSON STEPHANIE - Syros


Shooting Star
Stéphanie Benson
Syros - Rat Noir
128 pages - à partir de 13 ans - 9 euros

"Maddie avait été sacrifiée pour que vive la déesse Image."
C'est l'histoire de Marie-Madeleine, une jeune fille effacée, retrouvée assassinée.
Maddie avait un rêve dans la vie : devenir Star.
Alors malgré ses 16 ans elle a passé le casting de l'émission Star de demain.
En se disant que comme ça quand elle chantera à la télévision "chaque parole de (sa) chanson leur percera le coeur, et (elle saura) enfin pourquoi (elle a) vécu".
Histoire de donner une leçon à tous ceux qui passent à côté d'elle sans la voir, comme l'a fait son père au tout début de sa vie.
Elle va être rejetée, une fois de trop.
Dans la continuité de son fol espoir Maddie va tout faire pour se persuader de la possibilité de sa réussite, et que la fin justifie les moyens.
Tous les moyens, même ceux qui lui sont proposer par des personnes sans scrupules. Qui vont se servir de ses rêves pour exploiter la jeune fille afin d'entretenir leurs fantasmes les plus extrêmes.
Maddie va aller jusqu'au bout, mais sur la mauvaise route.

C'est avec un roman très poignant que Stéphanie Benson revient pour la deuxième fois dans la collection Rat noir.
Nous livrant un texte polyphonique, où le journal intime de Maddie croise le récit de ses camarades de classe, choqués par la disparition de cette proche qu'ils connaissaient si peu, le tout entrecoupé d'extraits de journaux.
Tous les points de vue sont exprimés, mais cela n'explique pas totalement l'horreur de la mort de cette adolescente qui rêvait d'une vie meilleure par le biais de la télévision et le star-system.
Une vraie critique contre cette société qui veut tout miser sur l'apparence, la popularité.
Dans cette histoire les camarades de classe de Marie-Madeleine apprennent assez durement à
"ne contempler que la beauté des âmes".
Espérons que le message passe largement.

7 févr. 2008

La disparition de Anastasia Cayne - GALLOWAY GREGORY - Albin Michel


La disparition d'Anastasia Cayne ( As simple as snow)
Gregory Galloway
Albin Michel - collection Wiz
362 pages - à partir de 14 ans - 15 euros

"Anna Cayne avait emmenagé ici au mois d'août, l'été juste avant notre entrée au lycée, mais en février elle avait déjà, un à un, tué tous les habitants de cette ville."
Ainsi commence l'histoire de G. tombé fou amoureux de cette nouvelle arrivante dans sa vie bien rangée.
Anastasia est gothique, énigmatique, leur rencontre dans la bibliothèque du lycée entre Jack Kerouac et H.P Lovecraft va sceller une relation forte et pleine de découvertes pour le jeune adolescent.
G. ne va plus savoir où donner de la tête avec cette jeune fille cultivée et pleine d'envies.
Elle lui fera partager ses goût musicaux, lui indiquera des livres essentiels, va remplir son casier de messages cryptés.
Il va aussi découvrir la marotte d'Anna: écrire les nécrologies de toutes les personnes qu'elle croise. Depuis son voisin de classe jusqu'au facteur.
"Son oeuvre une fois achevée représentait plus de mille cinq cent nécrologies"
Mais ce que veut Anastasia par dessus tout c'est vivre à fond, ne jamais se poser et entraîner son entourage dans son tourbillon.
Cette pulsion de vie va être poussée à l'extrême, jusqu'à l'évaporation, une disparition de la jeune fille à l'image d'une de ses idoles : Houdini.
Arrivée en septembre, Anna disparaît en janvier, laissant une robe vide étalée devant un trou dans la glace d'une rivière.
Quelques jours plus tard G. reçoit la nécrologie d'Anastacia Cayne par courrier.
Dès lors il n'aura de cesse de chercher des indices lui permettant de savoir si oui ou non son premier amour est partie, et si oui où?
Il sera aidé dans son espoir en découvrant des indices comprenant un message secret qu'ils avaient élaboré ensemble l'hiver de sa disparition, quelque chose de simple : "Simple comme la neige".

Très beau cri d'amour que ce premier roman de Gregory Galloway.
Dans ce roman il parle à la première personne mais jamais ne se nomme.
Les seuls allusions on les trouve lors de sa première rencontre avec Anna qui trouve son nom est
"comme higgledy-piggledy. Un double dactyle parfait", et à la fin de sa nécrologie où elle dit que ceux qui l'aimait l'appellait Anastasia et que "G. l'appelait Anna".
L'auteur nous fait vraiment vivre la relation exceptionnelle qu'il a eu avec cette jeune fille dont la fureur de vivre est contagieuse, il nous fait partager son humour particulier, ses folies et ses sagesses.
Elle lui est tombé dessus parce que il
"semblait si ordinaire, si normal... [elle s'est] dit qu'[il] avait besoin d'un grain de folie.", et si l'on s'imagine que cette histoire est vraie le dernier chapitre nous fait penser qu'il ne s'est jamais vraiment relevé.
Un roman très touchant avec un regret pour la traduction française du titre qui du coup fait perdre le côté appel dans l'espace du titre en V.O., autre regret la couverture trop chargée à mon goût, pas assez simple!!